La Réunion

 

Depuis qu'il est enfant, Dav rêvait de pouvoir, un jour surfer Saint-Leu, vague parfaite, à la réputation détruite par les requins bouledogues.
Lorsque j'étais étudiante et domiciliée au Tampon, j'ai passé une année à effectuer des va-et-viens entre la jetée (Saint Pierre), la tortue (Saint Leu), l'Hermitage et la fac.

Arrivant perpétuellement à la bourre, le nez encore barbouillé de stick solaire et les sinus gorgés d'eau salée qui finissait perpétuellement par s'écouler sur mes cahiers. Trois années se sont déjà écoulées et je ne sais même pas par quoi commencer...
Car, même si l'île se fait grignoter à vue d'œil par des constructions immobilières excessives et le contrôle d'un système français répressif, 

La Réunion garde encore son cœur, ses cirques, son sud sauvage, ses vagues world class* et ses habitants colorés. Fenêtre d'un mois sur une île qui gardera une place indétrônable dans mon cœur et dans mon esprit. 

 

 

Sur l'Ouest du littoral, Saint-Leu,
Gauche célèbre, qui déferle sur un fond corallien peu profond sur une distance d'environ 300 mètres, gonflant sur la seconde partie de vague, pour former un joli tube tout rond.
Il y a maintenant cinq ans de ça, je me revoyais surfer à la tortue, spot de prédilection lorsque Saint-Leu était plein à craquer.

 

Désormais, les soixante-dix personnes qui déchiraient le spot ne sont plus qu'une quinzaine de mordus.


N'importe quel surfeur se retrouvant face à cette vague d'une telle perfection ne peut rester indifférent.
Nous n'avons pas résisté à aller à l'eau, le temps de graver trois, quatre fois un Saint-Leu parfait et inoubliable. 

 

Alors, on vit l'instant présent avec autant d'intensité qu'un enfant.
On alimente l'adrénaline pour nourrir un feu d'amour intérieur. 

Lâchant prise sur le temps, on est mortels mais surtout vivants, avec cette sensation de liberté absolue.