MADAgascar

 

" On a neuf cent trente kilomètres à parcourir pour atteindre Tuléar, d'Antananarivo.
Les aéroports sont à l'abandon par manque de financement, notre seul moyen de transport pour rejoindre la côte reste le taxi brousse.

Et comme on dit là-bas, le taxi brousse "ça part quand ça veut et ça arrive quand ça peut".
La notion du temps n'existe pas, et le "Mora Mora" est relativement déroutant pour l’occidental habitué à la vitesse et à la précipitation

Notre rendez-vous prévu à dix heures, partira sur les coups de seize heures et les neuf places de départ finissent par accueillir une vingtaine d'individus sans compter les poules ou les oies qui sortent leurs têtes des sacs à main.

L'entassement des bagages sur le toit continue son accumulation, on a quelques appréhensions quant à la pauvre ficelle qui maintient notre "board bag" saucissonné dans le vide avec les patates et d'autres poules.
Nos jambes d'occidentaux ont du mal à s'encastrer dans l'espace restreint prévu pour les petites "guibolles" Malgaches et c
'est parti pour vingt-quatre heures de taxi brousse.

le chauffeur sort son CD kitch de vieilles musiques françaises tandis que notre taxi rebondit sur la route en terre, en piteuse état. "

 


 

 De Tuléar, on décide de partir pour Vohipenho, une longue route nous attend jusqu'à l'orphelinat du père de David, mais au moins il y a un hôpital qui peut peut-être faire quelque chose pour nos oreilles.
On coupe le trajet en deux jours, histoire d'encaisser correctement l'épreuve du taxi brousse avec douze heures et 517 kilomètres jusqu'à Fianarantsoa, et 293 kilomètres en huit heures pour le lendemain.
Le taxi se charge à son maximum pour accomplir ses diverses missions de transport entre les passagers, les colis et le bétail.

On arrive sur les coups de dix-sept heures dans la brousse de Vohipeno.

 L'édifice qu'a construit Heinz, le père de David, touche à sa fin.

Heinz Grob est un homme intelligent que l'on pourrait même qualifier de génie.
C'est un être à la fois fascinant, mais qui est toujours en décalage avec les autres car il a "trois temps d'avance".

 

Heizh est suisse. 

Il est à l'image de son métier ou plutôt des métaux avec lesquels il a pu travailler.

 

 

 

 

C'est une personne dure qui ne plie pas et qui ne peut avoir confiance dans les gens que s'ils ne brisent pas.

Il a été ingénieur en fonderie, à créer des alliages métalliques, à déposer quelques brevets et a monté son propre bureau d'étude pour du matériel de fonderie : purification d'air, four, grenailleuse, automatisation, montage clé en main ... 

 

Il a installé des fonderies dans de nombreux pays en voie d'industrialisation, à l'ouverture de leurs frontières.
Sur son temps libre, il a traversé le Sahara de l'Algérie au Soudan, sans assistance, avec une jeep de l'armée allemande et sa boussole.

Il a traversé l'Atlantique à la voile, car c'est aussi un grand navigateur et un fin pêcheur.
Heizh a désormais, 59 ans. Et son dernier gros challenge est la construction de cet orphelinat.

Le puits permet d'alimenter trois citernes d'eau, car l'eau potable y était inexistante.
Ils ont un groupe électrogène, des panneaux solaires, et deux éoliennes.

La rizière, en contrebas, ainsi que le potager et les volailles permettront au fil du temps une autonomie quasi totale.